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témoignages

Gaëlle nous raconte

Gaëlle, 34 ans – Lyon.

Je suis de celles qui ont su très jeune qu’elles étaient lesbiennes. À 16 ans j’ai eu ma première petite amie, une période de ma vie ou j’étais en quête d’identité. J’étais au lycée dans ma période « ado rebelle », rien ne me faisait peur, et j’étais fière d’afficher mon homosexualité. Ce premier amour avec une jeune fille a duré trois ans. Puis ensuite j’ai rencontré une femme lesbienne, âgée de 5 ans de plus que moi. Nous avons vécu une relation électrique et mouvementée durant deux ans jusqu’à ce qu’elle me trompe plusieurs fois et me laisse pour une autre. J’avais 22 ans, je venais de trouver un poste d’agent immobilier et ce fut pour moi une période traumatisante.

Je me suis sentie humiliée. Je me suis raccrochée à ce qui me restait, mon petit studio à Lyon 2, mon emploi, mes amis qui me poussaient à sortir un peu… Mais niveau « amour » autant dire que c’était la cata. Je n’arrivais pas à remonter la pente, ni même à refaire confiance. Je n’arrivais plus à m’attacher. En revanche, j’avais sans cesse ce besoin de séduire. Certainement le besoin de me rassurer sur le fait que je pouvais plaire après l’échec amoureux que je venais de traverser .

Pendant sept ans, je n’ai fait que flirter avec des femmes hétérosexuelles.

Elles étaient souvent bien plus âgées que moi, parfois même mariées. Elles avaient toutes l’envie d’essayer, de réaliser ce fantasme au moins une fois dans leur vie. J’étais celle qui pouvait leur offrir cette expérience. Avoir des relations avec des hétéros est aussi un vrai fantasme pour nous… Le challenge est fort. Faire basculer une femme de l’autre côté est assez jouissif. Mais ce rôle d’initiatrice n’est malgré tout pas simple à gérer !

Coucher avec une hétéro c’est finalement une sorte de Graal à atteindre, parce que c’est l’ultime inaccessibilité. Quand je couchais avec elles, j’exerçais mon pouvoir de séduction, je pouvais dire -et montrer aux autres- que j’étais irrésistible. J’étais un peu la “Shane McCutcheon” des soirées lyonnaises.  À l’époque, je fréquentais le Titan Xyphos Complex, le Broc Bar, l‘Urban Café… Mais aussi le George V à Grenoble ou encore La Villa Rouge à Montpellier.

Du sexe à l’amour, il n’y a qu’un pas.

Le revers de la médaille est que toutes les femmes avec qui je couchais, souhaitaient me revoir alors que moi je ne voulais pas d’attache, je n’étais pas prête pour entamer une relation durable. Il est très rare que ce type d’idylle se transforme en véritable histoire d’amour. Quand les sentiments s’en mêlent, on est alors parfois pris à son propre piège.

À l’unanimité toutes ont adoré coucher avec une femme, ce qui leur a valu une belle remise en question sur leur sexualité et parfois un joli bordel dans leur tête ! Certaines se sont même séparées de leur mec mais aucune n’aurait été prête à tout quitter pour se mettre en couple avec une nana. C’était trop frais pour elles, je n’étais qu’un fantasme, qui a fait naître des sentiments chez certaines.

J’avais un côté ou j’étais méga fière d’être une sorte de mentor pour mes partenaires. Mais de l’autre côté, je n’étais pas fière de moi, car j’en ai fait souffrir plus d’une.

Ça a duré des années, je flattais mon égo en me prouvant que j’étais un bon coup et que j’étais celle qui les initiais. Mais cela n’a finalement été que passager et j’y ai laissé quelques plumes.

À 30 ans je me suis vite lassée.

J’étais à l’initiative de tout, tout le temps. Je me donnais corps et âme pour qu’elles succombent à mon charme. Mon seul but était de leur prouver qu’avoir une relation sexuelle avec une femme est une expérience inoubliable.

L’excitation de la conquête m’est passée quand j’ai réalisé, que comparée à tous mes amis, je n’étais moi-même pas en couple. À l’âge de 30 ans je n’avais pas de vie stable, pas d’enfant, je n’étais pas mariée et finalement c’est ça qui me manquait dans ma vie pour être véritablement épanouie. Probablement l’étape de la maturité 😉

Je ne regrette pas tous les flirts que j’ai eus car j’ai rencontré des femmes exceptionnelles… j’ai vécu ma jeunesse, et je ne regrette rien.

Aujourd’hui je suis en couple depuis 3 ans avec une femme (qui était hétéro avant aussi ;-)) et elle est enceinte de notre premier enfant.

 


Vous êtes homo, bi, hétéro ? Vous avez déjà eu une expérience avec une femme ?

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