Elle n'assumait pas et m'a cachée durant notre relation
- Élodie
- 27 févr.
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Dernière mise à jour : 28 févr.
Louise, 37 ans - Chargée de communication
Il y a trois ans, lors d’un déplacement professionnel à Paris, j’ai croisé Barbara. Ce genre de rencontre imprévu où un simple regard se transforme en un échange qui dépasse les attentes. Ce fut un moment aussi inattendu qu’inoubliable. Dès le lendemain, nous avons commencé à échanger des messages. Ces premières discussions anodines se sont rapidement transformées en un jeu de séduction, quelque chose de puissant et de captivant.
Je suis lesbienne, mais Barbara, elle, était alors mariée à un homme, mère de trois enfants et cadre dans le secteur bancaire. Une situation complexe, sans doute, mais je croyais fermement que l’amour pouvait tout transcender. Elle m’a parlé d’un mariage qui n’allait plus et d’un divorce imminent. Très vite, nous avons commencé une histoire d’amour passionnée. Au début, c’était une aventure excitante, un moyen d’évasion, puis cela s'est transformé en véritable histoire d'Amour.
La relation cachée
Mais la réalité de cette relation a rapidement pris un tournant inattendu. Trois mois après notre rencontre, elle a décidé de demander le divorce. Pendant la procédure, elle m’a demandé de rester discrète, ce que j'ai accepté. Elle voulait faire profil bas et ne pas rendre encore plus en colère son ex-mari, et je comprenais cette position. Je pensais que ce n’était qu’une phase temporaire, que ce secret finirait par s’estomper. Mais les mois se sont transformés en années et, malgré mes espoirs, cette invisibilité est restée.
J’étais amoureuse, mais vivre dans l’ombre était une épreuve. Chaque jour, je nourrissais l’espoir que, tôt ou tard, elle me présenterait au grand jour. Pourtant, chaque fois, elle me tenait à l'écart de sa vie sociale et familiale. Elle me disait que tout finirait par s’arranger, mais les années ont passé sans que rien ne change.
Des promesses non tenues
Les promesses se sont faites de plus en plus vagues. Barbara parlait sans cesse d’un avenir commun, de projets, mais dans la réalité, rien ne se concrétisait. Il y avait toujours des excuses : « Ce n’est pas encore le bon moment », « Il faut encore un peu de temps ». Ces promesses récurrentes me laissaient espérer, mais je me suis vite rendue compte qu'il n'y avait que des belles paroles, mais pas les actes. Aucun projet commun, pas de vacances, aucune rencontre avec ses proches. Je me retrouvais à jouer le rôle de l'amante secrète, dans l’ombre de sa vie, cachée pour éviter les jugements de ses enfants et de son entourage.
J'ai découvert qu’elle ne répondait pas à mon appel lorsqu'elle n’était pas seule. Pire, elle avait même changé mon prénom dans son répertoire, pour que personne ne fasse le lien avec moi. Cette situation m’a brisée. Elle me disait que j’étais la femme de sa vie, mais elle ne semblait même pas prête à assumer notre amour publiquement. Je me sentais perdue, ignorée, reléguée au rang de secret.
Le dilemme de Barbara
Barbara me parlait souvent de sa famille conservatrice, où l’homosexualité était perçue comme un tabou. Elle me disait qu’elle ne pouvait pas immédiatement leur révéler la vérité sur notre relation. Au début, je comprenais, mais peu à peu, j’ai senti que ce n’était pas juste la pression de sa famille qui la retenait. C’était une peur de l’engagement, un refus de s’assumer pleinement avec moi.
Elle refusait de faire son coming-out. La peur du jugement et de la perte de sa place dans sa famille et dans la société la paralysait. Mais moi, je n'avais qu'une chose en tête : être reconnue comme sa compagne, ne plus vivre dans l’ombre. Je voulais EXISTER ! Qu’elle prenne une décision, qu’elle m’assume enfin. Mais malgré mon amour et mes attentes, rien n’a changé.
Après deux ans et demi, l’invisibilité est devenue insupportable. Nous ne pouvions même pas planifier un week-end ensemble sans que cela soit sujet à des compromis de dernière minute. Chaque projet était toujours incertain, jamais concret. Cette instabilité m’a épuisée, et j’ai commencé à perdre patience.
Le choix de ses enfants
Puis, un jour, elle a finalement révélé à son entourage qu’elle était amoureuse d’une femme. C’était un moment que j’avais redouté, car je l’avais quelque peu poussée à faire ce coming-out, lui posant un ultimatum car je refusais de continuer comme ça. La réaction fut violente. Ses enfants se sont mis en colère, et elle s’est retrouvée face à un dilemme : devoir choisir. J’avais espéré que les enfants s'y feraient avec le temps, que l’acceptation viendrait. Mais elle les a choisi sans se battre pour nous, comme je l'avais redouté.
Cette décision a été un choc pour moi. C’est là que j’ai compris qu’elle était remplie de blocages. Elle n'était pas prête à affronter les jugements ni à s'engager à mes côtés. Bien qu'elle m'aime, elle n'était pas disposée à faire les sacrifices indispensables pour que notre relation fonctionne. Et ainsi, tout s’est effondré.
Le douloureux contraste
Cette relation m’a confrontée à un paradoxe. J’ai grandi dans un environnement où j’ai toujours été acceptée, entourée d’amour et de soutien. j'ai toujours eu beaucoup de succès, très apprécie. On me dit souvent que je suis une personne solaire, sociable, et j’ai toujours eu ma place parmi mes amis, mes collègues de travail et dans ma famille. Mais avec Barbara, je me suis retrouvée à n'être qu'un fantôme !
Pour la première fois de ma vie, j’ai dû me cacher. Pas par rejet direct, mais sous couvert de circonstances prétendument temporaires qui, en réalité, ne l’étaient jamais. J’ai accepté de rester dans l’ombre, espérant qu’un jour la situation changerait. Mais cette place ne m’a jamais été donnée.
La violence du double visage
Ce contraste entre ma vie en banlieue parisienne, où nous étions un couple libre et assumé dans la rue, car nous étions loin de son environnement. Et sa vie à Paris, où je devenais invisible, a été d’une violence insupportable. La relation oscillait constamment entre lumière et ombre, entre liberté et interdits. Cela m’a profondément affectée. Peu à peu, mon estime de moi-même a vacillé. Pourquoi n’étais-je pas assez importante pour être assumée ? Pourquoi devais-je toujours attendre ce futur hypothétique qui ne venait jamais ?
J'ai ressenti un vide immense. Ce n’était pas le type de relation que j'avais imaginé. Ce n’était pas ce que je méritais. Je n’étais qu’un secret, et ce secret m’a rongée.
Pourtant notre amour était puissant. Nous avions une connexion rare, une complicité unique. C'était passionnel, fusionnel. On s'était trouvées ! Mais le regard des autres nous a flinguées et cela nous a conduites à la rupture...
La reconstruction
Aujourd’hui, je suis dans un processus de reconstruction. Cette relation m’a fragilisée, mais elle m’a aussi appris des choses cruciales sur moi-même. Malgré que j'ai aimé cette femme à la folie, je sais que je mérite d’être aimée sans condition, que je mérite d’être prise au sérieux, d’être dans la lumière du couple. Je n’ai plus envie de me cacher. Je veux retrouver ma confiance, ma dignité, et ma place dans le monde, sans compromis.
Cette relation m’a poussée dans une posture qui ne m’était pas propre, qui ne me ressemblait pas. Et même si cela m’a brisée, je sais que cette expérience m’a enrichie. Ce n’est pas la fin de mon histoire, mais un passage nécessaire. C’est un moment difficile, mais qui m’ouvrira la voie à une nouvelle histoire épanouissante.
Photos non contractuelles.
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